Bureau plat par Gilles Joubert

 

Bureau plat livré en 1752 par Gilles Joubert pour les appartements de Louis PhÉlypeaux, comte de Saint-Florentin puis duc de la VrilliÈre, au chÂteau de Marly


Paris,  époque Louis XV, 1ère moitié du XVIIIe siècle.

 

Matières : bâti de chêne et de bois tendre; placage d’amarante; bronze doré; cuir.

 

Dimensions : H. 74 cm. (29 ¼ in.) ; L. 163 cm. (64 ¼ in.) ; Pr. 80 cm. (31 ½ in.).

 

Provenance : livré en 1752 par Gilles Joubert (1689-1775), fournisseur du Garde-Meuble royal de 1751 à 1775, pour les appartements de Louis-Phélypeaux, comte de Saint-Florentin puis duc de La Vrillière, au château de Marly.

 


 

Marques et inscriptions: 1686 flanqué d’une fleur de lys et souligné de la date 1752, inscrit à l’encre sous le bureau (numéro d’inventaire du Garde-Meuble de la Couronne) ; N M 947, inscrit à l’encre sous le bureau (numéro d’inventaire du château de Marly utilisé après 1784) ; N Cs 947 / Commun / Gouverneur/ N° 8, inscrit à l’encre sur une étiquette rectangulaire collée sous le bureau ; lettres EC flanquées d’un ovale enfermant trois fleurs de lys sous une couronne fermée, inscrits au fer sous le bureau, marques employées par le Garde-Meuble Royal sous la Restauration (1815-1830), les lettres EC désignant les Ecuries royales de la rue de Chartres, à Paris.

 

 

Le bureau repose sur quatre pieds en console disposés en diagonale et rehaussés de chutes en forme d’espagnolettes à têtes de femmes soulignées de filets de perles et flanquées de  volutes d’acanthe, le tout relié à des sabots couronnés d’acanthes. La ceinture du meuble enferme trois tiroirs de façade répétés au revers de manière feinte. Elle affiche un galbe particulièrement délicat avec, de part et d’autre, un tiroir central flanqué d’une paire d’agrafes ciselées à motifs de godrons.

 

L’ensemble du bâti est plaqué en amarante. Chaque tiroir est doté d’une serrure individuelle rehaussée d’un petit cartouche rocaille festonné et asymétrique. Des masques de bronze occupent les petits côtés de la ceinture.

 

Le plateau chantourné est recouvert d’un maroquin vert à liseré doré. Il est serti d’une puissante bordure moulurée de bronze, rythmée aux angles par des quarts-de-rond ouvragés.

 

 

Louis Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, puis duc de La Vrillière. Portrait par Louis-Michel Van Loo, 1769. Collection du château de Versailles.

 

Né en 1705, Louis Phélypeaux, comte de Saint-Florentin, marquis (1725), puis duc de La Vrillière (1770), compta parmi les plus importants hommes d’État du règne de Louis XV.

 

Fils de Louis Phélypeaux (1672-1725), marquis de La Vrillière, et de Françoise de Mailly-Nesle (1688-1742), il succéda à son père en 1725 comme ministre des affaires générales de la religion prétendue réformée, ce qui ne l'empêcha pas d'être reçu dans la franc-maçonnerie en 1735. Il avait épousé en 1724 Amélie Ernestine, comtesse de Platën († 1752), fille d'Ernest-Auguste, comte de Platën et du Saint-Empire.

 

Chancelier et Garde des Sceaux de l’Ordre du Saint-Esprit de 1716 à 1770, ministre d'État en 1761, il fut également secrétaire d'État à la Maison du Roi de Louis XV de 1749 à 1775, détenant ainsi le record de longévité ministérielle. En septembre 1765, il fut victime d'un accident de chasse et dut être amputé de la main gauche.

 

Après le renvoi de Choiseul, il fut brièvement secrétaire d'État aux Affaires étrangères du 24 décembre 1770 au 6 juin 1771. Nommé duc de La Vrillière en 1700, il mourut sans postérité masculine sept ans plus tard en 1777. C’est lui qui fit construire, entre 1767 et 1769, par l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin, le magnifique hôtel connu sous le nom d'hôtel de Saint-Florentin, actuelle ambassade des Etats-Unis située 2 rue Saint-Florentin, à Paris.

 

 

 

Alors que Versailles se transformait pour devenir la résidence principale du roi et de la cour, Louis XIV confia à Jules-Hardouin Mansart l'aménagement du site de Marly que le souverain avait choisi comme retraite campagnarde, loin de l'étiquette contraignante de la Cour.

Commencés dès 1679, les travaux furent suffisamment avancés en 1686 pour permettre le premier séjour du Roi qui ne cessa, jusqu'à la fin de son règne, d'embellir le parc avec, notamment, la création de la Rivière ou Grande Cascade en 1697-98 et l'aménagement du Grand Abreuvoir pour chevaux à partir de 1698. Jugé d'un entretien trop coûteux, le parc fut profondément modifié dès la Régence.

 

Durant la Révolution, le château fut vendu, en 1799, à l'industriel Sagniel. Ruiné dès 1806, Sagniel entreprit de démolir le château et ses dépendances pour en vendre les matériaux.

Acquis par Napoléon un an après, le domaine de Marly-le-Roi appartient depuis lors  à l'Etat.