Table de milieu


France, époque Louis XIV, vers 1690-1700.


Matières : bois sculpté et doré ; marbre rouge.


Dimensions : H. 85.5 cm. (34 in.) ; L. 122 cm. (48 in.) ; Pr. 61 cm. (23 ¾ in.).


Provenance : ancienne collection Keck.


De format rectangulaire, la table repose sur quatre pieds richement sculptés, structurés dans leur partie basse en forme de gaines évasées et ajourées, au dessin très architecturé, ornées de feuilles d’acanthe, de rosaces et de chutes de fleurons traitées de manière naturaliste. Particulièrement spectaculaire, leur partie haute associe à un chapiteau concave souligné de motifs de campanes, deux putti ailés sculptés en ronde bosse, et émergeant de deux volutes feuillagées en forme de ‘C’ affrontés.

Une entretoise en X composée de consoles ‘enveloppées’ de feuilles d’acanthe relie les quatre pieds, enserrant au centre un petit piédestal rond et cannelé, terminé d’un culot à graines.


La ceinture, parfaitement rectiligne, présente aux angles de légers ressauts sculptés en aplat de motifs feuillagés, et s’orne sur ses deux faces principales d’un imposant cartouche à décor symétrique et luxuriant de volutes à enroulements et de feuillages. Des cartouches plus petits soulignent les petits côtés. Un plateau de marbre rouge couronne l’ensemble.



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Dès les années 1680, le Garde-Meuble de la Couronne multiplia les enregistrements de ‘pieds de table’ en bois richement sculpté et doré, destinés à mettre en valeur, dans les appartements d’apparat, des ‘tables’ de marbre. Le mot ‘table’ désignait en effet dans la terminologie du XVIIe siècle, uniquement le plateau qui était donc supporté par un ‘pied de table’.


La table présentée ici est caractéristique des répertoires de formes et ornementaux exploités en France sous le règne de Louis XIV, dans les années 1690-1700, et puise l’essentiel de ses sources d’inspiration dans les modèles gravés de l’ornemaniste Pierre Lepautre (1648-1716). On retrouve en effet des tables rectangulaires dotées de pieds en gaine, d’entretoises feuillagées en X, et de cartouches de façade, dans son recueil intitulé : Livre de Tables qui sont dans les appartemens du Roy sur lesquels sont posés les bijoux du cabinet des médailles, publié vers 1700.


Solennité, respect rigoureux de la symétrie, prédominance du dessin d’architecture et souveraineté des volutes et de l’acanthe, autant de richesses et d’inventions qui font de notre table de milieu, un témoignage rare et éminent du savoir-faire des menuisiers et sculpteurs sur bois français à l’apogée du règne de Louis XIV.