Cartel de bureau

Beau cartel de bureau en placage de laque de Chine, de forme violonée, présentant un cadran signé Barbier le Jeune à Paris, à balancier, orné d'une riche ornementation de bronze ciselé et doré.

Il repose sur une plinthe chantournée.

 


Estampille: J.JOLLAIN, Adrien Jérôme Jollain ( - 1788), reçu maître ébéniste le 1er août 1763.

 


France


XVIIIe Siècle, Époque Transition (1758-1775)

 

 

Dimensions :

 

Hauteur : 75,5 cm

Largeur : 33 cm

Profondeur : 16 cm



Adrien Jérôme Jollain, à l’instar de Balthazar Lieutaud, s’est spécialisé dans la réalisation de caisses de pendules et de régulateurs, probablement influencé par son appartenance à une famille d’horlogers.  Il fournit quelques beaux exemples de régulateurs (référence : régulateur reproduit dans l’ouvrage de Pierre Kjellberg, Le Mobilier du XVIIIe siècle, p. 484-485), mais également des œuvres plus modestes par leur taille comme le cartel de bureau que nous présentons et le cartel en bois laqué or et vermillon vendu chez Sotheby’s le 25 juin 1984, de modèle  similaire au nôtre par sa composition et son répertoire de bronze ciselé et doré. 


La réalisation de la caisse de pendule par Jollain s’inscrit dans une période de transition dans le goût français de la fin du règne de Louis XV, mêlant les courbes de l’époque Louis XV à l’esprit antiquisant qui apparaît sous l’époque Louis XVI. Elle est ornée d’un beau placage de laque de chine à décor floral et de personnages dans un paysage, typique du goût de l’époque. Les laques de Chine et du Japon sont importés en Europe grâce à la Compagnie des Indes, sur commandes des Marchands-merciers qui exercent un monopole sur le commerce de luxe des objets ornés d’un placage de laque. Les pièces ainsi importées sont confiées aux ébénistes pour la réalisation de leurs œuvres, vendues par la suite auprès des boutiques des marchands merciers.

 

La richesse du répertoire de l’ornementation de bronze ciselé et doré fait de cette pendule un objet d’une très grande qualité, s’inscrivant dans le nouveau goût de l’époque par un retour à l’Antique. Le cadran, réalisé par Charles François Barbier dit le Jeune, horloger reçu maître en 1770, est ceint de part et d’autre de caryatides retenant une guirlande et supportant un important trophée de musique composé d’une mandoline et de feuilles de chêne. La ligne de la partie inférieure de la caisse est soulignée d’un jonc, lequel est rehaussé de feuilles d’acanthes et de guirlandes feuillues, se terminant par des pieds griffus.

Le cartel repose sur une plinthe chantournée à pans coupés ornés de piastres enfilées dont les lignes sont protégées d’un jonc mouluré en bronze ciselé et doré.