Lustre cage à douze lumières

XVIIIe siècle, Italie du Nord


 


Dimensions :


 


Hauteur : 90 cm


Diamètre : 75 cm


 


Lustre rocaille à douze lumières en tôle dans son laque or et rouge vermillon d’origine. Sa cage dorée est couronnée d’un dais rouge à liseré or finement découpé en lambrequin et sommé de feuillages stylisés. Au centre de la cage, un personnage chinois fait face à un dragon dans un entourage de branchages rocailleux et ajourés tirés du répertoire décoratif rocaille. Notre lustre est inspiré du goût très répandu au XVIIIe siècle pour l’Extrême-Orient et en particulier pour la Chine comme en témoignent les meubles et les porcelaines de Sèvres et de Meissen de cette époque. Ce goût influença l’Europe entière et plus particulièrement l’Italie. À cela, on donne à la tôle peinte les formes des pièces des manufactures de porcelaines qui utilisent bien souvent les mêmes décors.

 


Historiquement, la Turquie semble être le berceau des tôles peintes avec notamment la fabrication d’objets usuels tels que cafetières ou théières. En France, sous Louis XIV, les objets recouverts de laque ou de « vernis d’orient » fascinent les collectionneurs et de nombreux chercheurs se mettent en quête du secret de ces vernis à travers l’Europe et des ateliers spécialisés voient le jour.


Ce n’est qu’aux alentours de 1740, après la découverte du « vernis d’ambre » en Italie que les essais se multiplient pour aboutir en France à la création de la première manufacture des tôles peintes à l’enseigne de « La Petite Pologne ». Et c’est alors que se développent beaucoup d’objets usuels en tôle tels que rafraîchissoirs à verre ou à bouteille, verrières, cache-pots, encrier, jardinières ou brûle-parfum et très exceptionnellement luminaires.

Ce lustre est un témoignage rare du travail du laque au milieu du XVIIIe siècle en Italie.