Paire de rafraîchissoirs à bouteille

PAIRE DE RAFRAICHISSOIRS A BOUTEILLE EN TOLE PEINTE A DECOR DE SCÈNES ANIMALIÈRES SUR FOND DE PAYSAGES PAR L’ATELIER DE JEAN-BAPTISTE OUDRY

 

 

FRANCE

                                                                  

XVIIIE SIECLE, EPOQUE TRANSITION

 

 

Doublure en zinc d’origine munie de deux anneaux

 

Provenance : Pomereu, Château de Daubeuf

 


Dimensions :                                                                                   

Hauteur :   17 cm.                                                        

Diamètre : 19 cm.                                                        

 

 

 

Paire de rafraîchissoirs à bouteille en tôle peinte d’époque XVIIIe présentant sur chaque face, dans un large cartouche, un décor de scènes animalières sur fond de paysage par l’atelier de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), célèbre peintre animalier. Ces quatre scènes animalières minutieusement peintes à l’huile représentant sur un seau un coq et des poules et un perroquet perché sur une branche d’un tronc d’arbre avec une perdrix et sur l’autre, un renard guettant un volatile et un chien chassant deux canards nous évoquent directement les peintures d’animaux, scènes de chasse et aussi les dessins des Fables de La Fontaine exécutées par Jean-Baptiste Oudry.Le décor se détache sur un fond de couleur bleu, rehaussé à l’or, rappelant le célèbre « bleu céleste » créé en 1753 par la manufacture de porcelaine de Sèvres.

Notre paire de rafraîchissoirs est munie de deux poignées en fer vernis couleur or et possède sa doublure d’origine en zinc.

 

 

Le rafraîchissoir à bouteille ou seau à bouteille est un récipient que l’on garnissait de glace pilée et dans lequel on mettait à refroidir une bouteille. Souvent en tôle laquée, il fut l’un des objets indissociable du service de la table et remplaça les pièces en porcelaine et en faïence.

Les décors animaliers ornant chaque face dans un cartouche de ces deux seaux, de même que les motifs à l’or, rappellent l’influence de la porcelaine ainsi que le fond bleu qui renvoie explicitement à la porcelaine de Sèvres.

 

Au début du XVIIIe siècle, l’engouement pour les laques orientaux conduisirent les Européens à vouloir s’approprier cette matière et à l’imiter. Les premiers objets en tôle laquée appartiennent au domaine du commerce de luxe et les plus anciens qui nous soient parvenus sont des seaux à bouteille, généralement par paires, d’époque Régence ou Louis XV. Si le décor de ces objets imite la laque, leurs formes et leurs typologies s’inspirent dès le début de celles de l’argenterie et surtout de la faïence et de la porcelaine.

 

Dès la Régence et sous Louis XV, la tôle laquée fut utilisée pour la réalisation d’objets de table tels que verrières, seaux à bouteille, plateaux mais aussi jardinières, bouquetières, objets destinés pour la plupart à recevoir de l’eau. Sous Louis XV, les décors de ces objets en laque s’apparentent aussi à la porcelaine. On trouve ainsi quelques objets en tôle laquée ornés sur fond noir de personnages chinois dorés inspirés directement des laques orientaux mais le plus souvent, les fonds sont colorés (bleu céleste, parme, ivoire, rosé) à l’imitation des fonds de couleur de la porcelaine. Sur ces fonds colorés se détachent en réserve des médaillons contenant des portraits, petits amours, bouquets, natures mortes, paysages et animaux.

 

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la tôle laquée est toujours autant appréciée et cela est dû notamment à l’anglomanie. En effet, en 1763, la guerre de Sept Ans s’achève et cette date marque aussi la reprise du commerce franco-anglais. En Angleterre, une manufacture de tôle peinte fut établie dans les années 1730. Sa production connut un grand succès y compris à l’exportation. Deux manufactures parisiennes furent créées alors en réaction à cette fabrique anglaise et se consacrèrent exclusivement à la laque sur tôle.

 

La première, la Petite Pologne, fut créée en mai 1768 par Jacques Moser, garçon ferblantier, Jean-Baptiste Clément, peintre vernisseur et plusieurs associés. Connue pour ses ouvrages d’une grande solidité et pour la beauté de ses dessins, cette société fut, durant les années qui suivirent sa création, dissoute et recréée plusieurs fois jusqu’en 1772, année où elle cessa définitivement son activité.

 

La seconde manufacture fut créée le 30 mars 1771 bien qu’un an auparavant, le projet avait déjà été formé par plusieurs associés regroupés autour d’une dame Gosse, veuve d’un peintre vernisseur et de son gendre, François Samousseau, également peintre vernisseur. Ce projet de société visait la création à Paris « d’une manufacture royale de vernis en façon de la Chine dont ladite dame veuve Gosse et lesdits sieur et dame Samousseau possèdent seuls le secret, lesquels en vertu dudit secret ont obtenu un privilège du roi revêtu de lettres patentes». Mais, au vu de l’incertitude des bénéfices et des frais considérables engendrés par l’entreprise, les potentiels associés renoncèrent à l’aventure. Restaient alors la veuve Gosse et son gendre ainsi que le directeur de l’entreprise, le Sieur Delabarre.