Vanité aux bulles de savon

Attribué à Josse CORTE , dit Giusto le COURT

 

(1627- 1679)


Matériau : Albâtre

 

Dimensions : Hauteur 25 cm (9 ¾ in.) largeur 42 cm (16 ½ in.)

 

Provenance : collection particulière.


Le bas-relief que nous présentons illustre un enfant reposant sur un drap et soufflant des bulles de savon à travers une canule. Il tient dans sa main gauche une coquille Saint Jacques contenant probablement le liquide savonneux.

Le corps potelé, le visage très joufflu,  les pupilles peu marquées et les longues mèches de cheveux comme agitées par le vent sont assez caractéristiques du morphotype des Amours ou enfants du sculpteur berninesque Josse Corte, dit Giusto le Court.

 

La vanité aux bulles de savon est un sujet rarement traité en sculpture. La représentation des boules ou bulles de savon apparaît dès le XVIème siècle dans les gravures de Hendrick Glotzius (1558-1617) ; le thème à caractère morale de cette allégorie est la fragilité, la brièveté, la futilité de la vie et le triomphe de la mort. .

Juste Le Court associe ici les bulles de savon et la coquille Saint Jacques, symbole funéraire et fécond, avec un arbre mort au tronc coupé à gauche de la composition, soulignant un peu plus encore la soudaineté de la mort.

Ce sont surtout les peintres flamands du XVIIème siècle qui ont abordé ce sujet, Le Court a surement pu étudier ce type d’œuvres dans sa jeunesse qui remportaient alors un grand succès.  

 

 

 

JOSSE  CORTE (1627-1679)

 

Josse  Corte, dit Giusto le Court, est un sculpteur baroque flamand né à Ypres en 1627 et mort à Venise vers 1679. Il commence sa formation en devenant l’élève de son père, le sculpteur Jean Le Court (1595-1654).

Il débute alors quelques projets de décorations d’églises à Ypres, mais c’est en Italie que Le Court envisage de faire carrière.

 

Déjà habile de son art, il part à Rome et entre dans l’atelier du sculpteur Bruxellois François Duquesnoy (1597-1643). Ce dernier lui fait découvrir les sculptures du célébrissime Bernin (1598-1680).  Il devient alors l’un des meilleurs disciples de ce dernier, imitant son style sans avoir jamais été son élève.

En quittant Rome, il se fixe à demeure à Venise en 1657 et devient l’un des principaux artistes de l’époque du baroque vénitien .

 Il monte un atelier où se formèrent des artistes distingués comme Ozario Marinali (1643-1720) ou Heinrich Meyring (1628-1723).

On lui connaît de nombreux travaux  à Venise, tels que statues et les ornements pour l’autel de la Madone de l’église de Santa-Maria-delle-Vergini ou le Maître autel de l’église de San’Andrea della Zirada.

 Mais la plus remarquable de ses oeuvres est l’autel principal de l’église Santa Maria della Salute réalisé en 1670, riche en détails et en mouvement. Sa renommée était alors solidement établie car les décrets nous révèlent que le travail devait être confié à un des artistes les plus réputés de Venise. Il participe également à la décoration de l’extérieur de l’église avec ses élèves et avec la participation de Tommaso Rues.

Giusto Le Court travaille ensuite peu de temps à Padoue pour la basilique de Saint-Antoine où il exécute un monument funéraire pour Caterino Cornaro, général de la République Vénitienne.