La Junon frégate du Roy avec ses matures et ses cordages

Époque XVIIIe siècle

 

Gouache sur papier HONIG

 

 

Dimensions (avec cadre):

Hauteur : 48 cm

Largeur : 62,5 cm

 

Dimensions (sans cadre) :

Hauteur : 35,5 cm

Largeur : 50 cm

 

 

 

Cette gouache représentant la Junon avec ses cordages et ses matures est issue d’une double influence, à la fois artistique et scientifique.

 

Dans un contexte où l’Angleterre domine les océans, Louis XV, avec l’aide de son secrétaire d’Etat à la Marine, le comte de Maurepas (1723-1749), a la ferme volonté de redorer le blason de sa flotte jusqu’alors négligée depuis la mort de Louis XIV.

 

Peu à peu, la flotte française se constitue et s’améliore techniquement grâce à une nouvelle approche de la construction des navires. En effet, la démarche amorcée par Maurepas consiste à étudier et à améliorer la construction de nouveaux navires de façon scientifique et non plus empirique. Dans ce but, l’Ecole de Paris est créée en 1741, et dispense une éducation solide aux futurs constructeurs en utilisant à la fois les mathématiques et l’expression graphique.

 

Cela donne naissance à de nouveaux types de vaisseaux comme La Junon que nous présentons. Mise à flot en 1748, elle est dotée de quarante-quatre canons et se remarque par un avant proéminent et un arrière mince. Il s’agit d’une tentative précoce de construire un navire intermédiaire entre un vaisseau de ligne de l’époque, et la frégate, navire plus léger et plus rapide. Cette Junon, pris part à de nombreux combats navals dont la campagne de Tripoli en 1752 ou encore l’expédition de Minorque en 1756. Gravement avariée lors d’un dernier combat à Minorque, elle fut condamnée et vendue sur place à Port Mahon en 1757.

 

Tout au long du XVIIIe siècle, la mer passionne princes, savants et amateurs ce qui permet à la peinture de marine de se développer et de connaître le succès en devenant un genre pictural à part entière et admise au Salon. Plusieurs dynasties de peintres s’illustreront dans la peinture de marine comme les Roux à Marseille, les Ozanne à Brest, les Van Blarenberghe à Lille ou les Vernet en Avignon.

Notre gouache représentant La Junon, tout comme l’œuvre de Joseph Vernet (1714-1789) sur les vues des ports de France, est le témoignage de la volonté royale d’affirmer la puissance maritime de la France.

On donnera d’ailleurs la consigne suivante à Vernet : « Vos tableaux doivent servir deux mérites, celui de la beauté pittoresque et celui de la ressemblance ». Cette phrase retrouvée dans le registre des lettres et mémoires présentés au Roi, datant du 27 septembre 1753, donne le ton aux artistes qui s’appliqueront au respect de la réalité dans leurs œuvres.

 

La Junon que nous présentons illustre parfaitement le double contexte duquel elle est issue, en s’inscrivant à la fois dans le contexte artistique du goût pour la navigation de l’époque ainsi que dans une qualité de représentation d’une précision scientifique, souhaitée par le pouvoir royal.

 

La représentation de cette Junon constitue une source remarquable sur l’histoire des techniques nautiques qui enrichissent notre connaissance de la construction navale au temps de Louis XV.