Perspective du Palais Royal, fontaines et jardins de Versailles

ÉCOLE FRANCAISE

 

Perspective du Palais Royal, fontaines et jardin de Versailles

 

 

Fin du XVIIe siècle

 

Huile sur toile

 

 

Dimensions :

Hauteur : 92 cm

Largeur : 135 cm

 

 

Dès le début de son règne personnel en 1661, Louis XIV décide d’entreprendre d’importants travaux d’agrandissement du pavillon de chasse légué par son père. En 1668, il confie la transformation du château à l’architecte Le Vau qui propose d’envelopper côté jardin, le bâtiment ancien d’une nouvelle construction, en le doublant et en le prolongeant au nord et au midi de deux grandes ailes symétriques, le tout dans un style « à l’italienne ». À partir de cette date, les aménagements se succèdent au gré des commandes royales. N’y faisant que de courts séjours dans les premiers temps, Louis XIV s’y installe avec sa cour en 1682. Dès lors, Versailles devient le point de mire vers lequel convergent tous les regards des cours européennes.

 

Symbole de l’absolutisme royal lié à la personnalité de Louis XIV dont c’était la demeure favorite, le château de Versailles, dès les années 1660, voit de nombreux artistes s’intéresser à l’évolution de son architecture et s’ingénier à le mettre en valeur à travers leurs peintures, dessins et gravures. Les multiples représentations de Versailles sont aujourd’hui d’un grand intérêt documentaire, car elles nous permettent d’observer, les différentes étapes de la progression de l’œuvre de Le Vau au fil du temps.

 

Notre grande vue cavalière du château n’est pas sans rappeler par sa disposition, celle célèbre, peinte par Pierre Patel (1605-1676) en 1668 et celle imaginée en 1722 par Pierre Denis Martin (1663-1742) offrant la vision d’un édifice parachevé par Jules Hardouin Mansart.

Notre tableau possède une valeur documentaire égale puisqu’il s’agit d’une reprise avec variantes d’une gravure d’Adam Perelle (1640-1695) datée de 1682 figurant l’édifice imaginé par Le Vau.

 

 À cette date, « le petit château de carte » raillé par le mémorialiste Saint-Simon est devenu l’imposant palais d’un prince affichant à la face des cours européennes sa magnificence et le savoir-faire des artistes français.  

 

On reconnaît la première grille construite en 1679 de part et d’autre des ailes des ministres, puis les deux ailes de la cour royale, closes par la grille royale et enfin, correspondant à l’ancien château de brique et pierre conservé, la cour de marbre avec en ressaut, l’avant-corps et le balcon donnants sur la chambre du roi.


Il est intéressant de noter les libertés prises par le peintre avec la gravure en vue d’amplifier le côté rationnel et extraordinaire de la construction, faisant apparaître l’aile nord (qui ne sera édifiée qu’entre 1685 et 1689 par Jules Hardouin Mansart) ainsi qu’un système pavillonnaire très serré, aux proportions amplifiées de part et d’autre des ailes des ministres. Il est à noter que le soin apporté au bâtiment et au décor est accentué par l’ajout de sculptures et de fontaines de fantaisie et par un rendu plus schématique des jardins et bosquets.

 

 

ICONOGRAPHIE :

 

Pierre Patel, Vue du château et des jardins de Versailles, prise de l’avenue de Paris, 1668, Versailles. N°inventaire : MV765

 

Pierre-Denis Martin, Vue du château de Versailles prise de la place d’armes, 1722, Versailles. N°inventaire : MV726

 

Adam Perelle, Vue générale du château de Versailles, vers 1680. Gravure de l’album Série des vues des plus beaux lieux de France et d’Italie par Adam Perelle et Israël Sylvestre, Metropolitan Museum.

 

Israël Sylvestre, Vue du château de Versailles de l’avant-court, vers 1682, Metropolitan Museum.