Pintade et Caique Aert Schouman

Aert SCHOUMAN (Dordrecht, 1710 – La Haye, 1792)

 

 

Pintade de Numidie et caïque à tête noire

 

Ibis rouge et goura couronné


 

Paire d’huiles sur toile

 

 

Dimensions sans le cadre : 94,5 x 110 cm.

 

Dimensions avec le cadre : 109 x 123 cm

 

 

Signé en bas à droite pour le premier et en bas à gauche pour le second : A. Schouman

 

 

Provenance : Collection particulière

 

 



Aert Schouman est le plus jeune d’une famille de six enfants. Fils de Leendert Schouman et Cornelia de Vos, tous deux bourgeois de Dordrecht, il a pour frère aîné Cornelis Schouman (v. 1696 – v. 1748) peintre de la « manière fine » (Fijnschilder). A 15 ans, Aert Schouman devient apprenti auprès du portraitiste Adriaen van der Burg (1693 – 1733), lui même élève d’Arnold Houbraken (1660 – 1719), illustre auteur du Grand Théâtre des artistes et peintres néerlandais publié entre 1718 et 1721. Cet ouvrage qui contient les biographies des peintres du XVIIe siècle, a été conçu comme la suite du Livre des peintres de Carel Van Mander (1548 – 1606) paru en 1604.  Les premiers tableaux de Schouman révèlent de nombreuses influences ; van der Burg bien sûr, Houbraken, mais aussi Samuel van Hoogstraten (1626 – 1678) et avant lui Rembrandt. D’un point de vue stylistique, les tableaux de ces cinq artistes sont différents, mais les compositions sont relativement proches. Auprès de son maître van der Burg, Schouman se forma à la représentation de scènes de genre, à la peinture d’histoire et au portrait. Brillant élève, il toucha à divers domaines, se faisant volontiers copiste et réalisant alors des natures mortes, des portraits, des scènes de genre, des scènes bibliques aussi bien que des sujets topographiques et des représentations de plantes et d’animaux.


En 1732, Aert Schouman perd sa mère. L’année suivante, c’est son professeur, Adriaen van der Burg qui s’éteint. Un temps déstabilisé, Schouman ne tarde cependant pas à s’installer comme professeur indépendant. Très rapidement reconnu pour son talent, Schouman est à la tête de la Guilde de Saint Luc (Dordrecht) entre 1742 et 1792, devenant parallèlement en 1751, directeur de l’école de dessin de La Haye. Ces années 1750 sont marquées par une intense activité.

 

Fort de son succès et de son habileté au dessin, Schouman s’attire la confiance de prestigieux mécènes dont Guillaume V, prince d’Orange-Nassau et dernier Stathouder des Provinces-Unies de 1751 à 1795. Le jeune prince possédait un cabinet de zoologie - formé en partie par Frédéric-Henri (1584 – 1647), premier Stathouder des Provinces-Unies, puis complété par son fils et successeur Guillaume (1624 -1650) - et une ménagerie. Située au palais de Het Loo (Apeldoorn, Pays-Bas), la ménagerie hébergeait des mammifères, des reptiles ainsi que de somptueux oiseaux exotiques ramenés des contrées colonisées par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (Vereenigde Oost-Indische Compagnie) créée en 1602.


En 1770, Guillaume V confia la direction de son cabinet d’histoire naturelle et de sa ménagerie au collectionneur Arnout Vosmaer (1720-1799), qui se chargea d’établir un inventaire des espèces, jusque là inexistant. Aert Schouman, assisté du graveur Simon Fokke (1712–1784) et du zoologiste et botaniste allemand Peter Simon Pallas (1741 – 1811) se mirent à l’œuvre, et le catalogue parut sous forme de 34 traités sur les animaux étrangers entre 1767 et 1787, soit deux ans après la publication du non moins célèbre catalogue en quatre volumes du pharmacien Albert Seba (1665 – 1736), Description exacte des principales curiosités naturelles du magnifique cabinet d’Albert Seba.


Grâce à ce remarquable travail mêlant vérité scientifique et aspect décoratif, les représentations animalières de Schouman intéressèrent rapidement une clientèle fine et avisée d’amateurs privés et royaux. Très nombreuses, les représentations animales de Schouman ont été réalisées à l’encre indienne, à l’aquarelle ou à la gouache. Notons qu’il est dit que Schouman n’était pas particulièrement familier avec la classification des plantes et animaux, contrairement au naturaliste suisse Linnaeus (1707 – 1781) qui annotait tout en latin. Schouman utilisait simplement les noms communs donnés aux animaux, ou encore le nom donné par propriétaire de l’animal (Laurens J. Bol, Aert Schouman ; Ingenious Painter and Draughtsman, Doornspijk, 1991, p. 81).