Temple de Jupiter

 


Louis-François Cassas (1756 - Versailles 1827)


Plume et encre de Chine, aquarelle sur papier marouflé sur toile.


France, fin XVIIIe


Dimensions :


Hauteur : 67 cm

Largeur : 102,3 cm



Notre aquarelle présente une scène animée du temple de Jupiter en arrière-plan dans un décor de verdure abondante. Au premier plan nous pouvons voir un groupe de personnages turcs discutant devant un petit temple rond au bord d’un cours d’eau. La scène représentée est une vue de Baalbeck au Liban dont nous pouvons retrouver un exemple similaire gravé dans l’album « Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phœnicie, de la Palestine et de la Basse Egypte » de Louis-François Cassas.


Au XVIIIe siècle, le goût pour les grandes expéditions porte les hommes vers de nouvelles contrées et les cultures les plus anciennes. En effet, la Chine fascine, Pompéi et Herculanum inspirent tous les artistes et le Moyen-Orient est le symbole d’un exotisme rêvé. Les jeunes aristocrates se lancent dans ce que l’on appelle « Le grand tour » à travers toute l’Europe mais surtout vers l’Italie et la Grèce.  Les artistes voyagent de plus en plus loin et certains d’entre eux s’attachent à de grands seigneurs qui souhaitent conserver des images de leurs périples à travers le monde et qui les engagent pour peindre, dessiner ou graver les paysages qu’ils découvrent.


Dans cette optique, Louis-François Cassas (élève de Vien) sera dessinateur auprès de l’ambassadeur de France, le comte de Choiseul-Gouffier au Liban et collaborera aux « Voyages Pittoresques » de l’abbé de Saint Non en Sicile. Il visite le Caire en 1785 et effectue un voyage en Syrie de 1784 à 1787 et revient en France en 1792. Ce peintre nous lègue un témoignage exceptionnel de ces voyages et en particulier du Moyen-Orient et contribue dès son retour à propager le goût pour l’Antiquité et l’Orient méditerranéen. 


Ses paysages sont tout à fait en accord avec cette nouvelle aspiration Rousseauiste pour une nature idéalisée et libre, en opposition avec les jardins à la française en vogue depuis le XVIIe siècle et la construction de Vaux-le-Vicomte ou de Versailles mais Louis-François Cassas ne sera pas qu’un peintre de paysages comme le prouve notre aquarelle. En effet, il représente un paysage où la nature est luxuriante et laissée libre mais sa présence a pour but de servir d’écrin à une scène animée et de mettre en valeur ces deux architectures antiques.


Aujourd’hui, nous pouvons retrouver des œuvres de paysages et de paysages animés de Cassas au musée d’Orléans ainsi qu’une Vue de la Corne d’Or et de la pointe du Sérail de Constantinople au musée de Valenciennes.